Magazine responsable : un défi d’avenir mars 26th, 2013
Article proposé par Thibaut Récalde
Dans le paysage de la presse et des magazines, il est parfois difficile de connaître l’engagement des rédactions au sujet du développement durable et de l’impression responsable. Sauf peut-être pour un magazine en particulier, consacré aux jeux de société, dont l’implication est affichée de manière efficace et visible dès les premières pages.
Rencontre avec Didier Delhez, éditeur du magazine :
- Qu’est-ce qui vous a motivé dans le choix d’imprimer le magazine de façon responsable ?
Se comporter de manière responsable est une manière d’être. Alors même si je ne peux l’être à tous points de vue, j’essaie d’intégrer cette mentalité dans mes choix dès que cela est possible. Le magazine n’existait plus à l’époque qu’en version gratuite PDF et si nous revenions sur papier, je voulais absolument que ce soit dans une logique responsable.
- N’est-ce pas contradictoire, sur un plan financier, avec le fait que votre magazine s’adresse à un public de niche ?
C’est ce que je craignais initialement. Le magazine a d’abord été imprimé en Belgique, par un imprimeur «traditionnel». Mais les coûts étaient importants et nous avons finalement dû jeter l’éponge après quinze numéros. Mais nous avons persévéré, en passant pour commencer au format PDF gratuit pour dix numéros supplémentaires. C’est alors qu’un reportage sur France 2 m’a fait connaître pure impressionâ„¢, que j’ai contacté pour obtenir une offre de prix. L’offre m’a réellement surpris… dans le bon sens ; elle a rendu notre retour sur papier possible. J’ai alors sondé notre lectorat : 400 personnes se disaient prêtes à se réabonner si nous revenions sur papier. Alors nous avons foncé et la quasi totalité de ces lecteurs a tenu parole. C’était suffisant pour que l’opération soit rentable. C’était au moment de sortir le numéro 26 en bimestriel. Aujourd’hui, nous terminons de boucler le numéro 55 en mensuel.
-  Est-ce que vos lecteurs vous font des retours sur ce choix engagé, autrement que par l’achat ?
Ces retours ont surtout lieu lors des salons, et ils sont toujours positifs, même si certains ont dû s’habituer à l’odeur particulière des encres végétales.
- Vous êtes un éditeur belge et vous imprimez le magazine en France, est-ce parce que l’offre locale ne correspondait pas à vos envies ?
Tout à fait. On peut trouver facilement des imprimeurs proposant du papier PEFC, mais aucun ne garantit une procédure responsable globale, comme le fait pure impression™.
- Inciteriez-vous les éditeurs actuels de magazines à suivre votre démarche ?
Bien sûr, mais il faut tout de même préciser que notre public est une « niche » ; toutefois, nous avons l’avantage d’avoir affaire à des passionnés qui acceptent de payer cher notre magazine. Avec un aussi faible tirage que le nôtre, un magazine plus généraliste ne pourrait sans doute pas s’en sortir.
L’éco-contribution Écofolio, qu’est-ce que c’est ? janvier 25th, 2013
Article proposé par Thibaut Récalde

À la fin de l’année 2012, l’éco-organisme Écofolio, en accord avec les gouvernements, fixe de nouvelles règles et se dote d’une nouvelle identité visuelle.
Mais avant de détailler ces sujets, un petit rappel bref de ce qu’est Écofolio. Il s’agit d’un éco-organisme, à savoir une société privée mandatée par le gouvernement afin d’assurer la prise en charge de la fin des équipements et matériels mis sur le marché par tout type de producteur en France. Écofolio est donc l’éco-organisme chargé des papiers graphiques ménagers.
La principale action d’Écofolio est la mise en place de l’éco-contribution. Ce geste économique, dont s’acquittent tous les émetteurs de papier, est intégralement reversé aux collectivités pour développer le recyclage du papier.
Cette éco-contribution est basée sur le nombre de tonnes de papiers diffusées par une entreprise. Obligatoire, elle est applicable au-delà de 5 tonnes de papier diffusées par an. En cas de manquement, l’entreprise devra s’acquitter d’une pénalité de 7500€ par tonne émise.
Afin d’augmenter l’efficacité de l’aide apportée aux collectivités, Écofolio a augmenté en 2012 le montant de ses financements aux collectivités. C’est pourquoi l’éco-contribution est passée à 48€ par tonne de papiers diffusée. Ce montant, arrêté pour l’année 2013 et les trois suivantes, sera applicable sur les tonnages 2012.
N’oubliez donc pas d’acquitter de l’éco-contribution Éco-folio et participer ainsi activement au développement du recyclage du papier. Lorsqu’il suit le parcours du recyclage, le papier peut avoir jusqu’à 5 vies différentes. C’est moins qu’un chat, mais ça mérite quand même de prendre le temps de deux clics sur le site d’Écofolio pour adhérer.
N’attendez plus pour respecter la loi et l’environnement, vous avez jusqu’au 28 février 2013 pour faire votre déclaration à cette adresse : http://www.ecofolio.fr/adhesion

Le zéro papier passe par le papier mars 1st, 2012
Article journaldunet.com Â
Dans un monde parfait, tous les échanges seraient dématérialisés et l’économie française économiserait la quasi-totalité des 2,5 milliards d’euros dépensés chaque année à imprimer et transporter des factures. Tout en étant favorable à l’environnement. Une chimère ?Â
On paierait par virement, les factures et relevés de comptes transiteraient de serveurs en coffres forts numériques, on ne couperait plus d’arbres pour fabriquer du papier et on remiserait les camions qui les distribuent. Ce serait simple, rapide, économique et écologique.
Elle court, elle court, la chimèreÂ
Cette parousie est-elle imminente ? Certains semblent le penser : Dexia dévoilait ainsi il y a quelques mois son concept « Zéro papier », grande révolution, innovation majeure ! On sent un paradigme nouveau surgir des objectifs stratégiques de jeunes DSI tout juste entrés dans leurs tours d’ivoire, persuadés d’avoir trouvé la solution à tous les maux de la société. Nouveau ? A voir. En 1992, le NY Times titrait « Paperless office about to become a reality » ; en 1975, Business week révélait au monde « Paperless Office is not far off »; et déjà en 1950, Taiichi Ono annonçait le zéro papier comme un des axes des 5S. Le même discours est ressassé depuis 60 ans et martelé depuis deux générations. La croissance quasi continue de la production de papier prouve que ces prophètes ont manqué de flair. Si tous les visionnaires du zéro papier se sont systématiquement trompés depuis 60 ans, comment peut-on faire confiance aux devins de 2012 qui annoncent l’imminence du tout numérique ?
La conclusion de l’article du NY Times de 1992 était, elle, assez pertinente : « [il y a 20 ans], nous disions tous que nous inventions le bureau sans papier. Avec du recul, ce n’était qu’une illusion de computer nerds ». Cette conclusion est toujours d’actualité : la consommation de papier, poursuit sa croissance. Sur les dix dernières années, elle a augmenté de 20% ; en 2011, la croissance était encore de 1,3%. Le papier demeure d’ailleurs la norme pour l’archivage. Une récente étude du cabinet Coleman Parkes Research indiquait que 42,5% des informations critiques d’une entreprise n’étaient conservées qu’au format papier ! Non, messieurs les rêveurs, le papier n’est pas mort.
Comment expliquer la résistance du papier ?Â
Naturellement, les avantages des documents numériques sont nombreux : on peut les transférer rapidement, les partager sans difficulté, les archiver à l’abri du feu, les retrouver même si on ne sait pas où ils sont classés (à la mode Google), leur coût de production est très faible, leur acheminement quasi gratuit. Pourtant, le numérique ne parvient pas à prendre la place que le papier conserve[1]. Trois éléments expliquent cette résistance : le confort, l’habitude et la pérennité.
Une maniabilité inégaléeÂ
L’immense majorité des plus de trente ans reste attachée à la maniabilité du papier et à la créativité de l’écriture au stylo[2]. Un document papier, même de vingt ou trente pages, tiendra toujours moins de place dans la poche que la plus fine des tablettes, que le plus minuscule des portables, à surface et confort de lecture comparables. Et n’importe quel document papier voit son format réduit de moitié d’un seul geste. On ne plie pas un écran.
Le poids des habitudesÂ
Notre civilisation repose depuis un peu plus de deux milles ans sur l’écrit, et donc sur le papier. Le changement n’est jamais simple ; lorsqu’il concerne un des piliers de la société, il devient encore plus lent, complexe, et anxiogène.
Une sécurité de conservation millénaireÂ
Le plus ancien manuscrit papier, en parfaite conservation, a 1 600 ans. C’est le Codex Vaticanus. Il contient l’essentiel du Nouveau Testament. Ce n’est pas le temps, mais le fanatisme qui a détruit le papier. Pour un support numérique, le temps est plus efficace et beaucoup plus rapide que le fanatisme. Un CD ou un DVD n’est plus lisible après seulement vingt ans. Un Blu-Ray ne passe pas les dix ans. Et les disques durs ont en moyenne leur premier crash avant cinq ans. Qui fabriquera encore des lecteurs de clefs USB dans une génération ? Quel technicien pourra encore réparer un disque dur dans un siècle ? Personne ne peut apporter la réponse[3]. La durée de vie du numérique se compte en années, celle du papier en siècles.
Ainsi la pérennité du support numérique est le premier frein au tout électronique et tant qu’on n’a pas apporté la preuve de cette persistance, les utilisateurs préfèreront une fiche de paie papier rassurante à un fichier virtuel.
Accepter le papier pour avancer vers le numériqueÂ
Les avantages du numérique sont évidents et sa croissance importante, mais le papier ne disparaîtra pas. On peut, au mieux, espérer arriver à une cohabitation intelligente entre documents papier et numériques.




